New York Habitat
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Une année décevante sur le plan touristique Notamment pour le haut de gamme - 2003, Rivieraplapla

Article sur New York Habitat dans Libération
Samedi 3 et dimanche 4 Janvier 2004
Section : Economie
Page 18

"Let's fall in love again", proposait, au printemps, la France aux Américains. Le spot publicitaire avait élu un ambassadeur de marque, Woody Allen, pour vanter les beautés de l'Hexagone, les French fries et le French kiss. La déclaration d'amour aurait-elle manqué d'enthousiasme? Le touriste américain joue à l'espèce en voie de disparition. De janvier à novembre 2003, sa présence en France a chuté de 27%, après un recul de 15% en 2002. selon les estimations du secrétariat d'Etat au Tourisme.

Les Américains ne sont pas les seuls à manquer à l'appel. "L'année n'a vraiment pas été bonne. Et, depuis le début de l'hiver, ça ne s'est pas arrangé, se désespère Christian Recoin, vice-président de l'Union des métiers et des industries de l'hôtellerie. Il y a des zones complètement sinistrées, comme l'environnement de Roissy. Heureusement des salons porteurs, comme le Salon nautique, ont attiré quelques clients à Paris début décembre. Mais, dès le milieu du mois, on tournait au ralenti... Le taux de remplissage avoisine les 55 %, contre 75 % les bonnes années." Certes, l'honneur est sauf: avec ses 77 millions de visiteurs étrangers, la France reste la première destination touristique mondiale. Mais, dans l'entourage de Léon Bertrand, secrétaire d'Etat au Tourisme, on récite la litanie de l'année noire: "Les boulettes du Prestige, les festivals annulés, le Sras, qui a ralenti l'arrivée des Asiatiques, et les incendies dans le Var, relayés de façon dramatique par les télés anglo saxonnes, sans compter la phobie que les Américains ont de l'avion depuis le 11 septembre... " Pour un New-Yorkais, à prestation égale, la hausse de l'euro par rapport au dollar a alourdi la note de 25 % en un an. "Ils commencent à tiquer sur les prix", confirme Gilles Robert, directeur de New York Habitat en Provence-Alpes-Côte d'Azur, une agence de location qui s'adresse à une clientèle presque exclusivement américaine.

"Une vraie tension perdure entre la France et les Etats-Unis, ajoute Philippe Demonchy, porte-parole du Syndicat national des agences de voyage. S'ajoutent en ce moment les difficultés liées au cours du dollar. Mais il suffirait de pas grand-chose pour faire revenir les Américains. Tout ira mieux le jour où Chirac et Bush s'embrasseront."

Pour autant, la plupart des professionnels ne pensent pas que cette désaffection s'explique par la brouille franco-américaine. "Si on l'évoque, c'est peut-être parce qu'il est plus facile pour un Américain de dire à sa concierge qu 'il ne va pas en France parce que les Français sont des traîtres, plutôt que d'avouer qu 'il n 'en a pas les moyens", avance Michel Tschann, le président du Syndicat des hôteliers Nice-Côte d'Azur. La preuve que la France n'est pas spécialement visée, "la Grande-Bretagne, alliée des Etats-Unis, a enregistré une baisse de la fréquentation américaine supérieure à nous", martèle Richard Duvauchelle, directeur général du Noga Hilton à Cannes. "Les Américains sont encore moins allés en Grande-Bretagne ou dans le reste de l'Europe qu 'en France, confirme le secrétariat d'Etat au Tourisme. S'ils n'étaient pas chez nous, c'est qu'ils sont restés chez eux."

Timidité. A vrai dire, les Américains n'ont jamais représenté beaucoup plus de 4 % de l'ensemble des visiteurs étrangers. Pourquoi, dès lors, attacher autant d'importance à leur présence ? Parce qu'à eux seuls ils sont à l'origine de 15% des recettes touristiques. "Un client américain laisse huit fois plus d'argent derrière lui qu'un Européen", pointe Roland Héguy, directeur de l'Hôtel Windsor, à Biarritz. Au palmarès des plus gros dépensiers, habitués des hôtels de luxe de Paris et de la Côte d'Azur, les Américains sont suivis des riches Proche-Orientaux et des Japonais. Les premiers ont été refroidis par les conflits en Israël et en Irak. Les seconds ont été terrorisés par le Sras. "Ils l'avouent moins facilement que les Américains, mais ils ont aussi peur des attentats, du fait de la présence de troupes japonaises en Irak", observe Christian Recoin. Cet automne, les Japonais ont donc, timidement, repris le chemin de la Côte d'Azur: "Ils se disent que le risque d'attentat est moindre en France, depuis son refus de participer à la guerre en Irak", et à Biarritz avance Michel Tschann. "Peur". Pour Gilles Robert, un léger mieux avait été enregistré ces derniers mois. "Les Américains avaient moins peur de voyager hors de leurs frontières, explique-t-il, mais les policiers armés dans les avions français et les escortes aériennes dont on parle ces jours-ci risquent de raviver la trouille."

La France boudée par ses voisins?

A en croire les statistiques du secrétariat d'Etat au Tourisme, la France serait également délaissée par ses voisins. Le nombre de Britanniques -- qui restent le plus gros bataillon à visiter le pays -- a été en net recul cette année, de même que celui des Allemands, des Néerlandais et des Italiens. Seuls les Danois et les Suédois seraient restés fidèles... Et s'il fallait y regarder à deux fois? "Les Britanniques ont acheté énormément de propriétés en France, rappelle Philippe Demonchy, du Syndicat national des agences de voyage. Ils apparaissent donc moins dans les statistiques marchandes (nuitées d'hôtels, ndlr)." Partant du constat que, "depuis qu'il n'y a plus de frontières, on a du mal à comptabiliser les touristes européens", le secrétariat d'Etat étudie deux projets pour repérer la nationalité des touristes : "L'un est basé sur la lecture de l'origine des cartes bancaires utilisées aux péages. L'autre consisterait à demander aux opérateurs téléphoniques, qui prennent automatiquement en charge les propriétaires de portables lorsqu'ils passent la frontière, de nous communiquer leurs données."

MATHIEU DESLANDES et HERVÉ VAUDOIT (à Marseille)